Sayaka Abe

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Avant que nous ne publiions Éric Sanvoisin, nous entendions souvent parler de lui… Et pour cause, il est l’auteur de la fameuse série “Le buveur d’encre”, parue chez Nathan et de tant d’autres ouvrages. Et, il n’y avait pas un salon, sans qu’un enfant ne nous demande le livre “Du buveur d’encre”. Aussi, faute d’avoir publié « le livre du buveur d’encre », nous aurons au moins, un livre de son auteur désormais à leur proposer : “Un poisson en avril”.

Mais “un poisson en avril”, c’est quoi au juste, nous demanderont-ils alors…
C’est un court texte drôle, tendre et léger qui a pour thème la farce, notamment celle du “poisson d’avril”…
Mais place à son auteur, c’est sans doute lui qui en parlera le mieux…

Bonjour Éric Sanvoisin,

Nous allons te soumettre à nos habituelles petites questions qui précédent la sortie d’un album. Alors tout d’abord pourquoi nous avoir soumis ce texte ?

Je me suis dit que ce serait drôle si le buveur d’encre (c’est moi !) publiait un album chez l’éditeur qui porte le même nom. Mais je connaissais déjà certains albums publiés par les éditions du buveur d’encre et la qualité de leur travail. Je savais un peu où je mettais les pieds en vous envoyant un texte d’album… Je ne vous ai pas proposé Un poisson avril uniquement à cause de votre nom… J’ai pensé que ce texte pouvait vous intéresser par sa forme. Et je ne me suis pas trompé. Yes !

Comment as-tu découvert notre maison d’édition ?

Par hasard, au début, sur internet. En tapant le buveur d’encre, j’ai eu la surprise de découvrir un éditeur qui portait le même nom que ma série chez Nathan. Du coup, je me suis intéressé à votre production (je suis aussi bibliothécaire, l’intérêt était double). Mais c’est bien des années plus tard que je vous ai envoyé un premier texte. Tout simplement parce que, jusqu’à présent, je n’écrivais que des romans…

As-tu l’habitude d’écrire des histoires destinées à des albums ?

Non. Je suis plutôt un romancier. Mais depuis quelque temps, j’ai décidé d’écrire des textes d’albums. J’aime bien me lancer des défis et mettre le pied sur des territoires inconnus. Et puis j’ai eu envie de publier des beaux livres, plus grands, plus illustrés. C’est comme ça que je fonctionne. Par envie, non par calcul. Je ne travaille jamais sur commande. J’écris ce qui me plaît et, ensuite, je pars en quête d’un éditeur. Je cible mes envois. Et, parfois, ça fait mouche !

Sinon pourquoi ?

Je ne sais pas pourquoi. J’ai toujours été plus attiré par le roman que par toutes les autres formes de textes. Romans première lecture, roman un peu plus long et romans pour les ados. Mais j’aime aussi me lancer des défis et aller sur des terrains où l’on ne m’attend pas.

Quelle est la différence fondamentale pour toi entre écrire un album et un petit roman ?

L’investissement en temps est différent. Un album n’est pas plus facile à écrire mais je peux en écrire un en même temps qu’un roman. Pas deux romans en même temps. Quand je commence un roman, je pars pour plusieurs mois. L’album offre plus de souplesse. Une semaine, deux semaines. Mais, je le répète, ce n’est pas plus facile à écrire, c’est juste un peu moins long. Le travail est aussi différent. On peut se permettre sur un roman d’être parfois un peu moins bon, un peu trop long. Pas sur un album. Le poids des mots est plus fort dans un album car il y en a moins. En matière d’album, je suis un débutant ! Mais j’aime ça car je m’amuse beaucoup !

Comment trouves-tu tes idées ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont multiples. Tout part d’une envie. L’envie d’écrire sur un personnage, un titre, un lieu, une situation, un objet… Cette envie déclenche le travail d’écriture. Je pars au marché avec mon panier pour le remplir d’idées que je vais emboîter les unes avec les autres. Je progresse lentement. J’écris presque mes textes du premier jet mais je prends beaucoup de temps pour le faire. Mon brouillon est dans ma tête !

Tu connais bien les enfants puisque tu es le père de neuf enfants et tu es déjà grand-père. Alors, cette filiation t’influence-t-elle dans tes écrits ? Fais-tu lire à ta progéniture tes histoires avant de les soumettre aux éditeurs ? T’inspires-tu d’anecdotes, de la vie de tes enfants pour enrichir tes histoires ?

J’ai commencé à écrire pour la jeunesse quand j’ai eu mes enfants. Leur influence est essentiellement là. Quand j’écris, j’essaie d’échapper à la réalité. Donc je n’ai pas très envie de mettre trop de vrai, trop de vécu, dans mes histoires. Parfois, je pique le prénom de l’un de mes enfants, mais uniquement le prénom. En règle générale, l’éditeur est la première personne qui lit mes textes. Il y a eu très peu d’exceptions…

Dans cette grande famille, comment et quand trouves-tu le temps d’écrire puisque tu travailles également en tant que bibliothécaire ?

C’est bien là mon problème : le temps. J’ai mille idées qui me trottent dans la tête mais pas le temps de toutes les apprivoiser. J’écris finalement assez peu. C’est le matin, de 5 heures à 7 heures. Mais pas tous les matins car il m’arrive d’avoir la flemme de me lever. En une heure ou deux, j’écris une page ou deux. Alors il faut beaucoup de matins pour faire un roman !

Tu travailles parmi des livres, tu en écris, lis-en tu ? Et si oui quelles sont tes lectures de prédilection ?

Je lis beaucoup de littérature pour la jeunesse : albums, romans, romans pour ados (la littérature pour ados est d’une richesse incroyable !). C’est moi qui les achète pour les deux bibliothèques de quartier de Saint-Brieuc ! De temps en temps, un roman pour adulte. Je suis naturellement attiré par le fantastique mais je lis aussi beaucoup d’histoires réalistes. Comme bon nombre de lecteurs, je suis à la recherche d’émotions…

Des projets, des livres en cours ?

Toujours un truc en cours ! Deux textes en ce moment. Un texte de Noël pour J’aime Lire (c’est un défi car, jusqu’à présent, je ne suis jamais entré dans le cadre très étroit des romans pour J’aime Lire. Ça marchera peut-être, peut-être pas…) et un roman sur un thème de société : les jeux dangereux. Roman plutôt destiné aux collégiens. J’ai encore un ou deux mois de boulot ! Ce ne sera pas roman gai…

Merci Éric.

Pour illustrer cette histoire, nous avons travaillé avec une artiste graveur dont nous aimions le travail depuis longtemps, Sayaka Abe. Cette Japonaise, parisienne d’adoption a réalisé un livre tout en finesse, empli de poésie.
Rencontre avec l’artiste…

Bonjour Sayaka Abe,

En deux mots, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Après cinq ans comme artiste-graveur au japon, j’ai reçu une bourse de la Fondation en 2007 pour passer un an aux Pays Bas pour continuer mes recherches de graveur notamment sur les méthodes non-toxiques pratiquées dans les Pays Bas. Installée à Paris depuis 2009, je continue de créer mes oeuvres. Depuis 2002, je fais des expositions personnelles et collectives au Japon et en France.

Comment es-tu venue à choisir la technique de la gravure comme moyen d’expression privilégié ?

J’aime faire du dessin en ligne. La gravure est l’un des meilleurs moyens d’exprimer ma ligne. Il a fallu du temps pour me sentir à l’aise pour dessiner sur le métal et il a fallu du temps pour trouver mon propre style. Il faut du temps pour faire la gravure. Dessiner à l’envers sur la plaque. Mettre dans l’acide. Faire une premiere impression avec une presse. Et si c’est necessaire, je dessine encore et j’imprime encore…et encore. En plus, quand je dessine sur la plaque et mettre dans l’acide, je ne peux pas effacer la ligne, alors je dois encore dessiner sur une nouvelle plaque. Il n’est pas si facile et ça prend beaucoup de temps pour faire la gravure …

Qu’apprécies-tu particulièrement dans cette technique ?

Il est toujours une agréable surprise pour d’imprimer des gravures. L’impression des images a l’envers. Mettre de la couleur à la main, chaque fois lorsque j’imprime, ce n’est pas la même. Parce que elle est différente du dessin sur la plaque. J’aime l’effet de la gravure, il est très différent d’un dessin fait sur le papier directement. Le gravure donne quelque chose à mon dessin de plus intéressant.


Tu utilises aussi des collages qui enrichissent les images… C’est la technique du contre-collé. C’est une technique qui demande d’être très méticuleux et très minutieux et surtout très concentré. Aussi, peux-tu nous en dire un peu davantage sur la manière dont tu travailles.

Je travaille à l’atelier avec d’autres artistes. Pour imprimer, nous avons besoin d’un grand espace et d’une grande presse. C’est tres cher à Paris. Il est agréable de travailler avec d’autres artistes, parce que nous pouvons partager notre propre technique, des connaissances, de l’information.

C’est le premier livre que tu illustres. Est-ce que cette expérience a été très différente lors de la conception de tes images, par rapport aux autres images que tu as l’habitude de composer plus librement ?

Je fais toujours mes gravure de mes propres idées. C’était une nouvelle expérience pour moi de créer des images à partir d’un texte de quelqu’un. Au début, il était difficile de faire tourner mon imagination. Mais après avoir parlé avec mon éditeur, et après avoir trouver un lien avec mon propre univers de gravure (les toits de Paris, les chats, les ballons, etc.), Il est devenu plus facile à imaginer. A la fin, il est tellement agréable de voir comment mes images étaient inspirées par un texte. J’ai beaucoup apprécié!


Pour une Japonaise, il n’est pas forcément aisé d’illustré un texte en français. Cela a-t-il été un handicap ou plutôt un atout  ?

Non. Le contenu de ce texte était donc très simple, une fois j’avais l’image de la ville de Paris et Sam et sa famille, ce n’était pas si difficile. Les livres des jeunesses occidentaux et les films animés sont partout, si nombreux, au Japon, j’ai grandi entourée par des images. Donc, je pense, en particulier, que mon style n’est pas de tout japonais.

Es-tu contente de cette expérience et souhaiterais-tu renouveler l’expérience ?

Oui, bien sûr. C’est devenue une très bonne expérience. C’etait l’occasion de créer des nouvelles images et un nouvel univers pour moi. J’aimerais avoir l’occasion de refaire l’expérience avec un nouveau texte.

Merci Sayaka !

Un poisson en avril. Eric Sanvoisin – Sayka Abe

Sortie le 15 mars. 28 pages. 20 cm x 20 cm. 12,00 euros. 9782914686563.

Que nous réserve le 1er avril 2012 ? Mystère…

Nous savons seulement que dans un an, Eric Sanvoisin et Sayaka Abe nous réservent une belle surprise pour le 1er avril 2013 avec leur album « Un poisson en avril ».

Celui-ci, actuellement en préparation sera réalisé en gravure, en eau-forte précisement.

En attendant, patience patience… et un bon 1er avril 2012 à tous.