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Un vieux montagnard vit seul au sommet d’une montagne. Un sommet que peu de personnes visitent… Peu à peu, un rêve germe en lui, celui de pouvoir marcher sur ces nuages…

 Plus haut que les oiseaux - Olivier Bleys - Arnaud Cremet

Novembre 2014 – Prix : 16 euros – Isbn : 9782914686617

 36 pages - 27,5 cm x 35 cm - Dès 5 ans

 

Mais quelle est donc la couleur du bonheur ?

Au palais de la Pleine Lune, Charam conseille sagement à la jeune princesse Tiara de réfléchir avant de répondre à cette étrange question.

Car il sait bien, lui, le vieux sage, que trouver cette couleur, c’est aussi percer le secret du bonheur.

Quoi de plus agréable que de philosopher dans l’atelier d’un peintre ?

Par une belle journée de mai, la princesse Tiara découvre toutes les richesses de la palette colorée d’un artiste, de ses couleurs les plus franches aux camaïeux les plus subtils…

Et si cette palette était une métaphore avec notre planète ? Allons poser la question à l’auteur du livre : Jean-Marie Robillard.

Bonjour Jean-Marie,

Après “Le voyage de Petit Nuage”, “L’étoile de Grand’Pa”, « Le messager du clair de lune », voici ton quatrième album publié au sein du buveur d’encre : “La couleur du bonheur”.

Nous avons été séduit par son thème, le bonheur, et avons trouvé intéressant de réaliser un livre sur la couleur. Aussi, ce nouvel album, illustré par Carole Gourrat, qui aborde la notion de « bonheur » par le prisme d’un regard artistique… Peux-tu nous en brosser le portrait ?

« La couleur du bonheur » est un texte « à message »… Le vieux Charam cherche à faire comprendre à sa jeune élève que si les hommes avaient la sagesse de partager la toile du monde et d’y apporter chacun sa touche de couleur, on « approcherait du bonheur ». Le professeur s’adresse à une enfant. Son langage doit-être simple pour que le message passe sans difficulté. C’est pourquoi l’écriture de cette histoire est plus sobre, plus directe peut-être, que dans la plupart de mes autres textes. Bien sûr, Charam a une vision du monde assez utopique… Mais comment vivre sans utopie ?… Et comme je crois aux vertus pédagogiques des histoires… 

En plus d’écrire, tu peins également. Cette autre passion a-t-elle nourri ton texte ? Dans quelle mesure ?

L’univers des peintres m’est familier. Mon père peignait. Un de mes neveux est un aquarelliste de grand talent… et je m’adonne moi aussi à ce passe-temps. J’adore l’ambiance des ateliers. C’est un endroit magique qui respire la quiétude, la paix… C’est là où l’artiste, souvent dans le silence, exprime sa vision du monde. Symboliquement, je trouvais important que le professeur de Tiara soit aussi un peintre. Quand il lui parle d’un monde à rêver, à construire, il lui parle de son travail. Et puis, comment résister au plaisir d’associer le bonheur à la couleur !

Dans tous tes textes que l’on a publiés, l’histoire s’articule toujours autour de deux personnages, un “jeune” et un “ancien” comme s’ils étaient seuls au monde. Ils évoluent avec des figurants mais sont les seuls héros. Souvent les rôles de “maître” et d’ »élève” demeurent. Peux-tu nous en dire davantage sur ces duos ? Est-ce l’ancien instituteur qui écrit pour son élève ? Est-ce par volonté pédagogique ?

J’aime la notion de « transmission d’un message » (je n’ai pas été instituteur par hasard !). Je suis persuadé que l’enfant se construit au fil des rencontres, des exemples à suivre,… J’essaie, très humblement, de défendre les valeurs qui me sont chères: le respect de l’autre, le partage… alors oui, en écrivant, je fais « œuvre pédagogique »… Mais je m’efforce de le faire « en finesse ».

J’écris d’abord une histoire. Le message, lui, est entre les lignes… Dans les silences entre les mots.  

Le dialogue est-il un moyen qui te permet de mieux exprimer tes idées ?

Le duo « maître/élève », très présent dans mes histoires, induit inévitablement un dialogue. Si le maître a des idées à transmettre, l’élève, lui, a des questions à poser. Alors, oui, mes personnages s’interrogent et s’écoutent. Leur relation est toujours complice, chaleureuse, pleine de tendresse et de respect. C’est celle que j’ai toujours cherché à entretenir avec mes élèves… et celle que je cultive maintenant avec mes petits-enfants.

Voilà, merci Jean-Marie.

Pour terminer, quels sont tes projets pour cette année ? Interventions, salons, publications ?

Mes projets sont toujours les mêmes. Ecrire pour le plaisir, quand j’ai envie et qu’une idée « me porte » Je vais donc continuer à rêver et écrire de nouvelles histoires… en espérant que l’une d’entre-elles saura séduire un éditeur. Je participerai par ailleurs au salon du livre de Contrexéville au mois de Novembre et j’interviendrai probablement dans quelques classes de mes ami(e)s instituteurs(trices)  de la région. La rencontre avec mes jeunes lecteurs (trices) est toujours un moment très agréable.

Aux éditons du Buveur d’encre, nous choisissons toujours un texte puis l’artiste qui le mettra en scène.

Il nous a semblé logique de travailler avec Carole Gourrat ; qui a publié “Salammbô et Aimé, un air de liberté” ; car elle est un peintre et pouvait ainsi comprendre le texte de Jean-Marie dans tout sa subtilité.

Bonjour Carole,

Avec “Salammbô et Aimé, un air de liberté” nous avions défini une atmosphère, des tonalités identiques à l’ensemble de l’album. Cette fois, c’est un album de mille couleurs que tu as réalisé. Ce n’était pas évident. Comment as-tu travaillé ?

Je souhaitais pour cet album réaliser de grandes planches dont une couleur serait la star, le personnage principal, une planche dédiée au bleu azur, mis en contraste avec l’orange et le rose pâle des fleurs d’oranger, une autre dédiée à l’ocre roux, mis en résonance avec un jaune, des bruns, mis en rupture par le vert du manteau de l’héroïne, enfin, je me suis amusée à mettre en valeur une couleur particulière, et c’était passionnant, pour un livre qui parle de couleur…

Quelles ont été tes sources d’inspiration ?

Pour la planche de l’hirondelle, je me suis clairement inspirée du tableau de Van Gogh « Amandier en fleurs ». C’est un peintre que je n’aime pas par ailleurs, il me déprime très vite, mais j’aimais beaucoup dans ce tableau le traitement du bleu.

 

Ensuite, mon peintre préféré étant l’italien Giorgio Morandi, j’ai pensé aux photos de son atelier, où l’on voit une multitude de touches sur un mur, qui forme comme un arbre. Pour dire ainsi que tout peut être peinture, tout peut faire sens, quelques taches sur un mur… Regardez les murs de Venise, ce sont des moments picturaux très émouvants, ces façades colorées délavées, quelles teintes magnifiques formées naturellement, quelle harmonie…

En tant que peintre, dans quelle mesure ce texte t’a inspiré ?

Il m’a inspiré car une couleur n’existe pas seule, mais elle « sonne » d’une certaine manière quand elle est mise à coté d’autres. Je pense que la couleur est une chose qui n’existe pas dans la solitude mais dans le rapport aux autres, tout comme nous. C’est le sens du texte. J’aime beaucoup cette réflexion. Elle est intéressante à transmettre à un enfant.

Comme « Salammbô et Aimé, un air de liberté », cet album n’est pas inscrit dans un pays particulier, dans une époque particulière… Aimes-tu ce genre de texte qui te laisse un grand espace de liberté ou préfères-tu, au contraire, les textes avec des histoires inscrites dans une époque ?

Il y a des époques que je n’aime pas trop esthétiquement, comme le moyen-âge, ou l’époque préhistorique par exemple. Si l’on veut faire une retranscription très fidèle, cela peut tourner au didactique, et cela n’est pas intéressant. J’aime bien mélanger différentes époques…

 

Ce second livre publié avec nous est une encore une histoire avec pour héroïne une princesse. Tu aimes particulièrement dessiner les jeunes filles ?

Oui, c’est vrai que je suis touchée par la douceur et la beauté dégagée par les visages de petites filles, mais j’aimerais aussi avoir la possibilité de mettre en scène un petit garçon!

Voilà, merci Carole. Pour terminer, quels sont tes projets pour cette année ? Interventions, salons, publications ?

Mes originaux seront exposés dans la librairie/papeterie/imagerie  « L’ivresse du livre » à Bry sur Marne, de fin août à novembre. Et j’y dédicacerai mes livres le samedi 21 septembre. Je présenterai « La couleur du bonheur » puis animerai un atelier le samedi 14 septembre à la librairie « Le cadran lunaire » à Mâcon.

“La couleur du bonheur” en librairie dès aujourd’hui.

Jean-Marie Robillard & Carole Gourrat

Nombre de pages : 28

Format : 27,5 cm x 27,5 cm

Prix TTC : 16 euros

Date de parution : Juillet 2013

Age : Dès 5 ans ISBN : 9782914686556

C’est ce soir. Toutes les infos ici.

Avant que nous ne publiions Éric Sanvoisin, nous entendions souvent parler de lui… Et pour cause, il est l’auteur de la fameuse série “Le buveur d’encre”, parue chez Nathan et de tant d’autres ouvrages. Et, il n’y avait pas un salon, sans qu’un enfant ne nous demande le livre “Du buveur d’encre”. Aussi, faute d’avoir publié « le livre du buveur d’encre », nous aurons au moins, un livre de son auteur désormais à leur proposer : “Un poisson en avril”.

Mais “un poisson en avril”, c’est quoi au juste, nous demanderont-ils alors…
C’est un court texte drôle, tendre et léger qui a pour thème la farce, notamment celle du “poisson d’avril”…
Mais place à son auteur, c’est sans doute lui qui en parlera le mieux…

Bonjour Éric Sanvoisin,

Nous allons te soumettre à nos habituelles petites questions qui précédent la sortie d’un album. Alors tout d’abord pourquoi nous avoir soumis ce texte ?

Je me suis dit que ce serait drôle si le buveur d’encre (c’est moi !) publiait un album chez l’éditeur qui porte le même nom. Mais je connaissais déjà certains albums publiés par les éditions du buveur d’encre et la qualité de leur travail. Je savais un peu où je mettais les pieds en vous envoyant un texte d’album… Je ne vous ai pas proposé Un poisson avril uniquement à cause de votre nom… J’ai pensé que ce texte pouvait vous intéresser par sa forme. Et je ne me suis pas trompé. Yes !

Comment as-tu découvert notre maison d’édition ?

Par hasard, au début, sur internet. En tapant le buveur d’encre, j’ai eu la surprise de découvrir un éditeur qui portait le même nom que ma série chez Nathan. Du coup, je me suis intéressé à votre production (je suis aussi bibliothécaire, l’intérêt était double). Mais c’est bien des années plus tard que je vous ai envoyé un premier texte. Tout simplement parce que, jusqu’à présent, je n’écrivais que des romans…

As-tu l’habitude d’écrire des histoires destinées à des albums ?

Non. Je suis plutôt un romancier. Mais depuis quelque temps, j’ai décidé d’écrire des textes d’albums. J’aime bien me lancer des défis et mettre le pied sur des territoires inconnus. Et puis j’ai eu envie de publier des beaux livres, plus grands, plus illustrés. C’est comme ça que je fonctionne. Par envie, non par calcul. Je ne travaille jamais sur commande. J’écris ce qui me plaît et, ensuite, je pars en quête d’un éditeur. Je cible mes envois. Et, parfois, ça fait mouche !

Sinon pourquoi ?

Je ne sais pas pourquoi. J’ai toujours été plus attiré par le roman que par toutes les autres formes de textes. Romans première lecture, roman un peu plus long et romans pour les ados. Mais j’aime aussi me lancer des défis et aller sur des terrains où l’on ne m’attend pas.

Quelle est la différence fondamentale pour toi entre écrire un album et un petit roman ?

L’investissement en temps est différent. Un album n’est pas plus facile à écrire mais je peux en écrire un en même temps qu’un roman. Pas deux romans en même temps. Quand je commence un roman, je pars pour plusieurs mois. L’album offre plus de souplesse. Une semaine, deux semaines. Mais, je le répète, ce n’est pas plus facile à écrire, c’est juste un peu moins long. Le travail est aussi différent. On peut se permettre sur un roman d’être parfois un peu moins bon, un peu trop long. Pas sur un album. Le poids des mots est plus fort dans un album car il y en a moins. En matière d’album, je suis un débutant ! Mais j’aime ça car je m’amuse beaucoup !

Comment trouves-tu tes idées ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont multiples. Tout part d’une envie. L’envie d’écrire sur un personnage, un titre, un lieu, une situation, un objet… Cette envie déclenche le travail d’écriture. Je pars au marché avec mon panier pour le remplir d’idées que je vais emboîter les unes avec les autres. Je progresse lentement. J’écris presque mes textes du premier jet mais je prends beaucoup de temps pour le faire. Mon brouillon est dans ma tête !

Tu connais bien les enfants puisque tu es le père de neuf enfants et tu es déjà grand-père. Alors, cette filiation t’influence-t-elle dans tes écrits ? Fais-tu lire à ta progéniture tes histoires avant de les soumettre aux éditeurs ? T’inspires-tu d’anecdotes, de la vie de tes enfants pour enrichir tes histoires ?

J’ai commencé à écrire pour la jeunesse quand j’ai eu mes enfants. Leur influence est essentiellement là. Quand j’écris, j’essaie d’échapper à la réalité. Donc je n’ai pas très envie de mettre trop de vrai, trop de vécu, dans mes histoires. Parfois, je pique le prénom de l’un de mes enfants, mais uniquement le prénom. En règle générale, l’éditeur est la première personne qui lit mes textes. Il y a eu très peu d’exceptions…

Dans cette grande famille, comment et quand trouves-tu le temps d’écrire puisque tu travailles également en tant que bibliothécaire ?

C’est bien là mon problème : le temps. J’ai mille idées qui me trottent dans la tête mais pas le temps de toutes les apprivoiser. J’écris finalement assez peu. C’est le matin, de 5 heures à 7 heures. Mais pas tous les matins car il m’arrive d’avoir la flemme de me lever. En une heure ou deux, j’écris une page ou deux. Alors il faut beaucoup de matins pour faire un roman !

Tu travailles parmi des livres, tu en écris, lis-en tu ? Et si oui quelles sont tes lectures de prédilection ?

Je lis beaucoup de littérature pour la jeunesse : albums, romans, romans pour ados (la littérature pour ados est d’une richesse incroyable !). C’est moi qui les achète pour les deux bibliothèques de quartier de Saint-Brieuc ! De temps en temps, un roman pour adulte. Je suis naturellement attiré par le fantastique mais je lis aussi beaucoup d’histoires réalistes. Comme bon nombre de lecteurs, je suis à la recherche d’émotions…

Des projets, des livres en cours ?

Toujours un truc en cours ! Deux textes en ce moment. Un texte de Noël pour J’aime Lire (c’est un défi car, jusqu’à présent, je ne suis jamais entré dans le cadre très étroit des romans pour J’aime Lire. Ça marchera peut-être, peut-être pas…) et un roman sur un thème de société : les jeux dangereux. Roman plutôt destiné aux collégiens. J’ai encore un ou deux mois de boulot ! Ce ne sera pas roman gai…

Merci Éric.

Pour illustrer cette histoire, nous avons travaillé avec une artiste graveur dont nous aimions le travail depuis longtemps, Sayaka Abe. Cette Japonaise, parisienne d’adoption a réalisé un livre tout en finesse, empli de poésie.
Rencontre avec l’artiste…

Bonjour Sayaka Abe,

En deux mots, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Après cinq ans comme artiste-graveur au japon, j’ai reçu une bourse de la Fondation en 2007 pour passer un an aux Pays Bas pour continuer mes recherches de graveur notamment sur les méthodes non-toxiques pratiquées dans les Pays Bas. Installée à Paris depuis 2009, je continue de créer mes oeuvres. Depuis 2002, je fais des expositions personnelles et collectives au Japon et en France.

Comment es-tu venue à choisir la technique de la gravure comme moyen d’expression privilégié ?

J’aime faire du dessin en ligne. La gravure est l’un des meilleurs moyens d’exprimer ma ligne. Il a fallu du temps pour me sentir à l’aise pour dessiner sur le métal et il a fallu du temps pour trouver mon propre style. Il faut du temps pour faire la gravure. Dessiner à l’envers sur la plaque. Mettre dans l’acide. Faire une premiere impression avec une presse. Et si c’est necessaire, je dessine encore et j’imprime encore…et encore. En plus, quand je dessine sur la plaque et mettre dans l’acide, je ne peux pas effacer la ligne, alors je dois encore dessiner sur une nouvelle plaque. Il n’est pas si facile et ça prend beaucoup de temps pour faire la gravure …

Qu’apprécies-tu particulièrement dans cette technique ?

Il est toujours une agréable surprise pour d’imprimer des gravures. L’impression des images a l’envers. Mettre de la couleur à la main, chaque fois lorsque j’imprime, ce n’est pas la même. Parce que elle est différente du dessin sur la plaque. J’aime l’effet de la gravure, il est très différent d’un dessin fait sur le papier directement. Le gravure donne quelque chose à mon dessin de plus intéressant.


Tu utilises aussi des collages qui enrichissent les images… C’est la technique du contre-collé. C’est une technique qui demande d’être très méticuleux et très minutieux et surtout très concentré. Aussi, peux-tu nous en dire un peu davantage sur la manière dont tu travailles.

Je travaille à l’atelier avec d’autres artistes. Pour imprimer, nous avons besoin d’un grand espace et d’une grande presse. C’est tres cher à Paris. Il est agréable de travailler avec d’autres artistes, parce que nous pouvons partager notre propre technique, des connaissances, de l’information.

C’est le premier livre que tu illustres. Est-ce que cette expérience a été très différente lors de la conception de tes images, par rapport aux autres images que tu as l’habitude de composer plus librement ?

Je fais toujours mes gravure de mes propres idées. C’était une nouvelle expérience pour moi de créer des images à partir d’un texte de quelqu’un. Au début, il était difficile de faire tourner mon imagination. Mais après avoir parlé avec mon éditeur, et après avoir trouver un lien avec mon propre univers de gravure (les toits de Paris, les chats, les ballons, etc.), Il est devenu plus facile à imaginer. A la fin, il est tellement agréable de voir comment mes images étaient inspirées par un texte. J’ai beaucoup apprécié!


Pour une Japonaise, il n’est pas forcément aisé d’illustré un texte en français. Cela a-t-il été un handicap ou plutôt un atout  ?

Non. Le contenu de ce texte était donc très simple, une fois j’avais l’image de la ville de Paris et Sam et sa famille, ce n’était pas si difficile. Les livres des jeunesses occidentaux et les films animés sont partout, si nombreux, au Japon, j’ai grandi entourée par des images. Donc, je pense, en particulier, que mon style n’est pas de tout japonais.

Es-tu contente de cette expérience et souhaiterais-tu renouveler l’expérience ?

Oui, bien sûr. C’est devenue une très bonne expérience. C’etait l’occasion de créer des nouvelles images et un nouvel univers pour moi. J’aimerais avoir l’occasion de refaire l’expérience avec un nouveau texte.

Merci Sayaka !

Un poisson en avril. Eric Sanvoisin – Sayka Abe

Sortie le 15 mars. 28 pages. 20 cm x 20 cm. 12,00 euros. 9782914686563.

En 2007, nous avons publié en partenariat avec la Ville de Bobigny et la Mission Archéologique de la Seine-Saint-Denis une bande dessinée ludo pédagogique archéologique sur le thème du Gaulois intitulée « Artogenos, la légende balbynienne ». Nous renouvelons l’expérience en publiant cette année, une bande dessinée ludo pédagogique archéologique en partenariat avec le Musée de la Cour d’Or Metz Métropole : « L’anneau de Curmilla » dont voici le résumé :

Au IIe siècle, l’Empire romain est à son apogée. Une paix durable favorise l’essor de l’urbanisme et les villes se couvrent de monuments luxueux. À Divodurum l’aqueduc récemment bâti alimente les salles des thermes, pour le bonheur des habitants qui profitent allègrement des bienfaits du cycle des bains. Un jour, Julia et sa fille, Curmilla, se rendent elles aussi aux thermes… L’occasion pour Curmilla de retrouver un anneau qu’elle croyait disparu et d’en découvrir davantage sur ses ancêtres…

Le récit « L’anneau de Curmilla » est suivi d’un cahier pédagogique très complet qui permet de faire découvrir les vestiges des thermes et de beaucoup d’indices archéologiques qui ont été retrouvés sur les lieux.


Rencontre avec les auteurs de la bande dessinée, Kévin Kazek, assistant conservateur au Musée de la Cour d’Or de Metz et auteur de l’histoire et Randy Agostini, l’illustratrice.

Bonjour Kevin, tu es l’auteur de « L’anneau de Curmilla ». Peux-tu nous dire comment s’est passée la genèse de cet ouvrage.

À l’origine, Randy Agostini et moi avions envisagé de mener un projet culturel à destination du jeune public. Nous voulions travailler sur un dessin animé historique. Bien entendu, officiant au sein de l’équipe scientifique du Musée de la Cour d’Or de Metz, j’ai tout de suite pensé à cette institution pour ce travail. Les instances dirigeantes de cet établissement ont très vite été séduites par ce concept assez novateur qui devait aboutir à la publication d’une bande dessinée. Mais il est vrai que nous étions limités par le temps lorsque nous nous sommes attelés à la réalisation de ce dessin animé. Les coûts de production étaient si énormes qu’il fallait obligatoirement limiter la durée du film à 3 ou 4 minutes en privilégiant la présentation de quelques aspects seulement de la ville de Metz à l’époque gallo-romaine. Avec notre projet de BD, c’était très différent et beaucoup moins restrictif en termes de possibilités. Pour cette raison, nous avons pu aller plus loin dans la présentation de la cité antique de Divodurum au IIe siècle apr. J.-C. Les problèmes de durée et de coût étaient limités et tout pouvait être abordé dans cette perspective. Ainsi, en plus des thermes et de certaines rues, plusieurs boutiques, la nécropole, l’amphithéâtre et l’aqueduc ont été choisis pour servir de décor aux aventures des protagonistes de cette histoire.


Qu’as-tu souhaité transmettre dans ce récit ? Pourquoi avoir choisi cette bague comme élément clé du récit ?

Lorsque j’écris une histoire, je cherche à apporter un maximum d’information au lecteur et j’aime à penser qu’il pourra s’évader. Mais je reste persuadé qu’il est important d’allier justesse historique et éléments romanesques pour capter toute son attention. C’est pour cette raison que j’ai imaginé l’intrigue de la bague. Il fallait conférer un peu de magie à cette aventure et il m’a semblé que cet objet s’y prêtait parfaitement. Bien sûr, c’est un petit clin d’œil au « Seigneur des anneaux » et au rôle particulier de ce bijou dans l’histoire inventée par Tolkien. Comme dans le livre de cet auteur, l’anneau de Curmilla possède une force affective extraordinaire. Il permet de raconter une histoire qui s’ancre dans plusieurs époques. Certes, n’importe quel objet serait susceptible de le faire, mais l’anneau possède une puissance symbolique inégalable. Dans de nombreuses civilisations, c’est un symbole de pouvoir. C’est également une marque d’alliance, un signe d’union et plus simplement une très belle preuve d’amour. Ici, l’anneau rappelle le rôle joué par l’ancêtre celte de Curmilla dans sa lutte contre l’oppression romaine. L’anneau apparaît comme une sorte de miroir qui reflète le passé, même s’il évoque avant tout un objet archéologique bien réel qui traverse les siècles et semble, pour cela, éternel.

 


Parle-nous un peu de ton parcours… Quelles sont les raisons qui t’ont amenées à étudier l’archéologie ?

Mon profil est plutôt celui d’un historien même si j’ai étudié l’archéologie à l’Université. Je crois que tout remonte à mon enfance. J’ai toujours été passionné par les civilisations anciennes, la mythologie gréco-romaine et les grandes conquêtes. Plus tard, après avoir obtenu un Bac littéraire, je me suis dirigé tout naturellement vers une faculté d’histoire. Les premières années n’ont pas été de tout repos parce que le niveau était très élevé. J’ai vraiment dû m’accrocher pour arriver à mes fins. C’est vraiment grâce à ma passion pour cette discipline que j’ai réussi à me surpasser. J’ai donc suivi un cursus complet qui a abouti à la soutenance d’une thèse d’histoire romaine au cours de l’année 2006. Mon sujet portait sur les jeux de l’amphithéâtre représentés sur la céramique sigillée, la mosaïque et les lampes en terre cuite. Cela explique la présence et surtout l’importance du rôle joué par les gladiateurs dans l’ « anneau de Curmilla ».

« L’anneau de Curmilla » comporte un cahier pédagogique très complet. Peux-tu nous le présenter ?

Il s’agissait de permettre aux lecteurs d’aller plus loin. Je voulais conserver les mots latins dans le texte pour mieux les expliquer ensuite dans un glossaire. L’usage de cette langue est primordial pour appréhender la civilisation romaine et je ne doute pas que certains feront le lien entre des mots utilisés de nos jours et leur étymologie latine. Par exemple, le mot domus qui signifie la maison a donné « domestique » en français. Aujourd’hui, l’animal domestique est celui qui vit dans la maison. De la même manière, le mot frigidarium rappellera peut-être à certain le mot « réfrigérateur », un appareil électroménager indispensable de notre cuisine dans lequel on conserve nos aliments au frais ! Mais ce cahier devait servir avant tout à expliquer la manière dont j’ai travaillé. Les échanges avec des archéologues, des conservateurs de musée, des collègues historiens et la lecture de plusieurs rapports de fouilles, etc. m’ont permis de proposer un cadre bien approprié aux aventures de Curmilla. Les enduits peints que l’on observe dans les thermes ont bien été découverts dans une rue de Metz. Les flacons en verre, les céramiques ou le fameux cadran solaire utilisé par Curmilla sont visibles dans les salles gallo-romaines du Musée de Metz de La Cour d’Or et proviennent de fouilles effectuées dans notre région. Quant aux grands bâtiments, certains sont toujours visibles dans la campagne messine, notamment l’aqueduc ! D’autres, par contre, ont dû être recréés comme l’amphithéâtre que nous avons imaginé en observant les vestiges des arènes d’Arles et de Nîmes.


« L’anneau de Curmilla » n’est pas ton premier livre, mais ta première bande dessinée. Tu as écrit aussi d’autres ouvrages sur l’archéologie. Est-ce différent d’écrire un scénario de BD ? Dans quelles mesures ?

Dès 2004, j’ai commencé par écrire des articles scientifiques dans le cadre de mes recherches universitaires. Puis, mon premier livre de vulgarisation « archéologique » est paru en 2010. Il s’agissait d’un ouvrage sur les mosaïques romaines découvertes à Metz (février 2010, éditions Serpenoise, Metz). Il y a seulement quelques jours, je viens de publier mon travail de thèse aux Presses Universitaires de Rennes et j’ai récemment sorti un ouvrage historique sur la ville de Nancy des origines à nos jours intitulé « Nancy, de l’ombre à la lumière » (novembre 2012, éditions Serpenoise, Metz). L’écriture a toujours été une grande passion pour moi. Finalement, le scenario de cette bande dessinée s’apparente plutôt à la trame d’un roman historique. J’ai la chance d’avoir publié un premier roman la même année que la parution de mon livre sur la mosaïque messine. Je crois que raconter des histoires est quelque chose de très naturel pour moi et je considère l’«anneau de Curmilla » comme une sorte de petit roman illustré à destination des enfants. C’est historiquement « vrai » ou, dirons-nous, « plausible » en ce qui concerne les lieux, les décors et les bâtiments représentés, mais la vie et le passé des personnages ont complètement été inventés. Toute cette partie est une véritable fiction ! On peut donc affirmer sans ambages qu’il s’agit d’une approche très romanesque semblable à l’organisation d’un roman historique.


D’autres projets d’édition ?

Nous allons sûrement développer d’autres aventures autour de Curmilla. Elle voyagera dans le temps et, bien entendu, elle évoluera toujours dans la cité de Metz. Nous pourrions très bien envisager de la faire atterrir à Mettis en plein Moyen âge ou la faire vivre à l’époque du gouverneur Belle-Isle qui s’illustra au temps de Louis XV. Par ailleurs, 2013 verra la sortie de mon second roman historique intitulé les « Fleurs de l’Empereur » (février 2013, éditions des Paraiges, Metz). C’est une histoire qui se passe à l’époque napoléonienne, au lendemain du désastre de Waterloo. J’ai également plusieurs articles scientifiques qui verront le jour dans des revues ou des ouvrages spécialisés (Revue de l’Histoire notamment, Atlas historique de Metz, Rapport du Projet commun de recherche de l’INRAP sur les enduits peints) et un projet de publication sur les mosaïques romaines d’Occident sur lesquelles apparaissent des combats de gladiateurs. En fait, je reviens toujours aux sources de mon travail…

Merci Kévin.

 

Bonjour Randy, peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ?

Après avoir suivi des études dans le cinéma d’animation et fait quelques stages (sur le film d’animation 3D « 9″ entres autres), j’ai travaillé dans plusieurs studios en France et au Luxembourg sur des séries TV comme par exemple « Le Petit Spirou » (M6), sur des court-métrages mais aussi sur mes propres réalisations (« Divodurum » et « Indutiomaros »).

Pour cette bande dessinée, il a fallu se baser sur des vestiges archéologiques et des hypothèses. Comment as-tu crée tes images avec ces contraintes ?

Cela a nécessité beaucoup d’organisation et de communication. Kévin me donnait en référence des photos des vestiges archéologiques que je reconstituais en dessin avant de les lui renvoyer. Je suis allée plusieurs fois au musée pour examiner les collections. Pour rester dans le style semi-réaliste de la BD, la difficulté était de trouver un « design » sympa tout en respectant la rigueur historique imposée par le caractère pédagogique de l’ouvrage. Pour certains objets et certains lieux, les vestiges étaient vraiment minimes, je devais alors passer par une étape de reconstitution avant de commencer mes recherches de design. Lorsque nous n’avions que des hypothèses pour référence, j’ai souvent fait le choix de ne pas les intégrer pour limiter les risques de montrer quelque chose de faux. Quand c’était impossible, pour la carte de Divodurum par exemple ou encore les jardins, j’ai privilégié l’esthétique.


Quelles ont été tes inspirations pour les ambiances de la BD ?

Mes inspirations sont très diverses. Je pense que ce qui m’a le plus inspiré pour cet ouvrage, c’est l’univers de Ghibli mais également des BD récentes comme « Les Enfants d’Evernight » par exemple pour le traitement de la couleur.

C’est la première bande dessinée que tu publies. Deux mots sur cette nouvelle expérience ?

Je suis habituée au travail de l’image pour la production de films d’animation mais je ne m’attendais pas à ce que réaliser une BD demande autant de travail. C’était très enrichissant.

D’autres projets d’édition ?
Oui, mais je ne peux encore rien vous dévoiler pour l’instant.

Merci Randy.

L’anneau de Curmilla est disponible chez tous les bons libraires et aussi en ligne (notre site, amazon, la fnac, chapitre, decitre, etc).

Infos pratiques :

L’anneau de Curmilla – Kévin Kazek – Randy Agostini – Pages : 64 – Format : 23 cm x 29 cm – Prix TTC : 12,9 euros – Dès 7 ans – ISBN : 9782914686532

“Dans un royaume reculé, la princesse Saïane dessine des vêtements fabuleux que Miral, le meilleur tailleur de la ville, fabrique avec talent. Entre eux naît une rare complicité. Cependant Saïane annonce un jour à Miral qu’elle part vers un légendaire royaume, un royaume où des maîtres tailleurs travaillent le « tissu de papillon ». Elle pense y trouver sa destinée. Mais un mystérieux « fil de l’amour » va guider ses pas vers celui qui lui tend les bras.”

« Au fil de l’amour », écrit par Franck Prévot et illustré par Judith Gueyfier sort ces prochains jours en librairie. L’occasion de partager avec vous la genèse de ce livre.

Rencontre avec les auteurs

Une fois n’est pas coutume, honneur aux hommes, avec pour commencer, une petite interview de Franck Prévot :

Le buveur d’encre :
Bonjour Franck.

Franck Prévot :
Bonjour.

Quel est le sujet de « Au fil de l’amour » ?
L’amour ! Il s’agit en fait d’une impossible (ou presque !) histoire d’amour entre une princesse et son tailleur.

Un grand classique…
Dans un sens, oui ! Pendant l’écriture, il m’est arrivé plusieurs fois de penser à la célèbre chanson que nous avons tous fredonnée :

Aux marches du palais
Aux marches du palais
Y a une tant belle fille lonla,
Y a une tant belle fille.

Elle a tant d’amoureux
Qu’elle ne sait lequel prendre.

C’est un p’tit cordonnier
Qu’a eu sa préférence.

C’est en la lui chaussant
Qu’il lui fit sa demande.

La belle si tu voulais
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré
Orné de toile blanche.

Aux quatre coins du lit
Un bouquet de pervenches.

Dans le mitan du lit
La rivière est profonde.

Tous les chevaux du roi
Pourraient y boire ensemble.

Et nous y dormirions
Jusqu’à la fin du monde.

Il y a en effet quelque chose de cela puisque le tailleur, Miral, est, en fait, chargé de réaliser les patrons et de coudre les robes que la princesse, Saïane, dessine. Entre eux naît une grande complicité artistique et, Miral parvenant toujours à réaliser les dessins (les rêves) de Saïane, elle se lance toujours dans des créations plus folles.

Pourquoi cette histoire ?
Au départ peut-être l’envie de réfléchir à cette relation qui naît dans la création. Et le projet également de m’aventurer sur le terrain du conte. Alors tant qu’à faire, une princesse ! Un tailleur ! Et l’amour ! L’idée que la rencontre de ces deux artistes (chacun dans leur domaine) va bien au-delà de ce que leurs classes respectives leur autorisent m’amusait. Le thème de la rencontre amoureuse sur fond d’interdits sociaux est également un grand classique. Par ailleurs, le côté rebelle de Saïane ; elle transgresse allègrement les codes vestimentaires du royaume et part finalement à l’aventure, à la rencontre de sa légende personnelle ; ainsi que le fait de caresser au passage l’histoire des routes de la soie sont venus en revanche apporter quelque chose de différent par rapport aux véritables classiques.



La soie, la légende personnelle… Tu peux étoffer tes propos…
Saïane a entendu parler d’un royaume lointain dans lequel les tailleurs travaillent un certain « tissu de papillon » et deviennent des seigneurs. Il est même probable que le plus habile des tailleurs soit le souverain du royaume. Elle rêve donc de partir à la découverte de cette contrée et d’épouser, en sa qualité de princesse, un grand seigneur tailleur. Elle est à la fois rebelle (elle quitte le royaume sans rien dire à personne) et très conformiste (Miral est amoureux d’elle mais elle a du mal à se résoudre à épouser un simple tailleur). Miral tente évidemment de s’opposer à son départ (il en sait plus qu’il ne veut bien le dire sur la légende des maîtres tailleurs). Mais rien ne peut empêcher une princesse d’aller vers son destin…

As-tu pensé aux illustrations lorsque tu écrivais ce texte ?
Évidemment! Cela a même été un moteur pour moi. J’avais le sentiment parfois d’écrire pour celui ou celle qui allait se retrouver amené(e) à dessiner des robes impossibles, à inventer le « tissu de papillon » fidèlement à ce que ce matériau pouvait représenter dans l’esprit de Saïane.


Comment s’est passée la rencontre avec Judith Gueyfier, l’illustratrice de cet album ?
Nous nous sommes rencontrés au salon « Rêves d’océan » ; un salon merveilleux qui se déroule chaque année, en juin, au port de Doëlan (près de Quimperlé). Vous réfléchissiez à la personne qui pourrait illustrer ce texte… Mais quand j’ai vu Judith à côté de ses livres, ça a fait « tilt » ! Je me suis dit « c’est elle ! ». Je lui ai donc proposé le texte et elle a dit oui tout de suite !

Oui, nous connaissions et aimions son travail. Le projet était lancé. Ensuite, ses images ont-elles été fidèles à celles que tu imaginais ?

Certainement pas ! Mais c’est ce qui est bien. C’est justement pour cette surprise que j’aime écrire des textes d’albums, pour découvrir comment l’illustrateur/trice s’est approprié mon histoire et comment il/elle la raconte à travers ses images. Je suis épaté par les images de Judith, par l’aisance avec laquelle elle est entrée dans mon histoire. La robe en tissu de papillon des noces oniriques de Saïane est absolument incroyable. Celle dans laquelle on découvre la princesse au début de l’histoire, une robe oiseau, aurait sa place dans les plus folles collections de haute couture ! J’attendais aussi de voir comment Judith interpréterait les rares indications géographiques volontairement floues que j’avais semées ça et là. Son parti pris fonctionne à merveille : tout en créant un univers totalement cohérent, elle a choisi des références de différentes cultures pour donner naissance à un mélange qui ne dit rien de l’endroit dans lequel se passe l’histoire. Cela ajoute au rêve !


« Au fil de l’amour » est le second livre que tu publies au buveur d’encre puisqu’auparavant tu as publié « Tout allait bien… »…
Oui ! « Tout allait bien… » est aussi le premier livre que j’ai publié tout court. Le buveur d’encre est mon premier éditeur et ça ne s’oublie pas. Je me souviens encore du coup de téléphone de Grégoire (Cazier) m’annonçant qu’il voulait éditer mon projet. Je me suis assis dans mes escaliers parce que je n’y croyais pas. Mon premier album est donc né grâce à vous. Et il existe toujours, grâce à vous, dans sa deuxième édition, le premier tirage étant épuisé. Cet album a toujours un gros succès et je ne me lasse pas d’en parler avec ses lecteurs. Après, il y en a eu d’autres. Une petite vingtaine de livres publiés chez d’autres éditeurs : Grandir, Rouergue, Magnier, La maison est en carton, L’Edune, Rue du Monde…

Un second album après neuf ans…
Il a suffi d’un café partagé dans une brasserie il y a deux ou trois ans et nous avons décidé de retravailler ensemble… J’avais l’idée de « Au fil de l’amour » depuis un bon moment et j’avais pas mal avancé dans l’écriture. Je vous ai proposé le texte que vous avez accepté. Je suis vraiment content que ce livre existe aujourd’hui, chez vous, avec les images de Judith. « Tout allait bien… » et « Au fil de l’amour » ne se ressemblent pas du tout mais ils sont tous les deux très bien chez vous !

Oui, après le bouton, le fil… il ne manque plus désormais que l’aiguille… Merci Franck pour toutes ces précisions… Place maintenant à Judith Gueyfier avec qui nous avons travaillé pour la première fois. Judith Gueyfier, illustratrice de talent publiée également chez un grand nombre d’éditeurs : Rue du Monde, Le Seuil, Sarbacane, etc.

Bonjour Judith, peux-tu nous dire ce qui t’a séduit dans l’histoire de Franck ?
Je décide d’illustrer une histoire ou non dès la première lecture. J’ai besoin de sentir et de voir cette histoire. Si je rentre tout de suite dedans, que des images se forment dans ma tête, que je vois les personnages et que je ressens les émotions du texte alors bingo… et c’est ce qui s’est passé avec le manuscrit de Franck. Ensuite, je cherche à ne pas me répéter graphiquement, et « Au fil de l’amour » pouvait m’amener sur un terrain graphique que je n’avais jamais travaillé, avec ses idées de fil, de couture, de tissage, de transparence, de tissus de papillon, de cocon…


Nous avons été séduits par ton travail, par la qualité des textes que tu as choisi d’illustrer, notamment “Ma sœur Étoile” d’Alain Mabanckou” que nous aimons beaucoup. Peux-tu nous dire comment tu “mûris” tes images ? Comment tu les penses ? Quelles sont tes priorités ?
Il y a une première partie de cherche iconographique, et parallèlement de prise de notes. J’aime bien participer au découpage du texte, ça me permet de, déjà, faire murir le texte dans mon esprit, et aux images, que je commence à entrevoir dans mon imaginaire, de se préciser. Ensuite, j’essaie de servir au mieux le texte, et de penser au lecteur. J’essaie de ne pas uniquement me faire plaisir, mon but est d’attraper le lecteur, de le faire rentrer dans l’histoire, de le surprendre, le faire voyager, etc. pour moi ça passe aussi par des jeux sur les cadrages, comment on passe d’une double page à l’autre aussi en terme d’ambiance colorée.

Tu nourris tes images de tes voyages. Quels sont les pays, les rencontres qui ont influencé tes images pour « Au fil de l’amour » ?
Dans l’histoire qu’a écrite Franck, la géographie n’est pas précise, entre Orient et Asie. Pour les recherches je m’appuie beaucoup sur des photographies, pour l’architecture du royaume imaginée par Franck j’ai pensé notamment à l’incroyable architecture que l’on trouve au Yémen, de longs bâtiments en terre, recouverts de dessin blanc, on dirait qu’ils sont brodés ! Je me suis aussi inspirée de l’architecture du Rajasthan, en Inde, des vieux hammams turques et égyptiens…

Dans ce livre il est question d’étoffes, de robes. T’es-tu documentée chez les créateurs pour créer certaines robes de Saïane, notre belle héroïne ?
Pas vraiment, j’ai beaucoup de livres qui s’intéresse plus au textile, à la matière, au motif. Comme ici on est aussi et surtout dans le conte, j’avais envie de m’appuyer sur tout ce matériel accumulé (tissus, motifs et) pour inventer des formes et m’amuser. Il y a une seule vraie référence, la robe oiseau que porte Saïane sur la deuxième double de l’album vient d’une photo de mode de Sarah Moon, sublime… Je n’ai pas pu résister à m’en inspirer, je me disais avant la robe papillons, la robe oiseaux ! Ensuite l’idée est surtout de trouver comment traduire les images évoquées dans le texte de Franck, le tissu de papillons, la robe papillon, et ça c’était un challenge !


L’histoire n’était pas simple à illustrer avec notamment une mère-papillon, une robe-cocon… Tu t’en es brillamment sortie. Cela a-t-il été complexe pour toi ?
J’ai commencé par travailler la mise en couleur des autres planches, celles où il n’y avait pas encore ces idées de transparence, tout en me demandant, « comment je vais bien pouvoir faire ? »!!! En parallèle j’ai fait pas mal d’essais, et finalement, j’ai essayé de dessiner des motifs et des papillons sur du papier de soie blanc, et en le faisant, je me suis dit : c’est ça ! La légèreté de cette technique collait complètement à l’histoire, et j’ai adoré passer des heures à faire ce minutieux travail…

Toutes tes images sont réalisées à la main. Peux-tu nous en dire un peu plus sur les techniques que tu utilises ?
Ici c’est surtout de la peinture acrylique, des ajouts de crayons à papier et de couleurs, du collage, du collage de papier de soie sur lequel j’ai préalablement dessiné, et que je rends plus ou moins transparent en le frottant à l’huile de lin… Chaque album à sa petite cuisine particulière !

Tu dédies ton livre aux bénévoles et acteurs du Salon de Doëlan… Tu interviens beaucoup dans les écoles et participes à de nombreux salons. Comment ses interventions enrichissent-elles tes livres ? Que t’apportent ces rencontres avec tes jeunes lecteurs et le public au sens large du terme ?
Chaque album représente des mois de travail. Évidemment nous échangeons, illustrateur, auteur, éditeur, mais c’est quand même un travail solitaire. La première fois que l’on travaille avec un album en classe, c’est là que l’on découvre si le livre, en premier lieu, plait, fait rêver, etc. Et les enfants sont d’une fracassante honnêteté, et c’est génial ! La manière de faire des images change au fil des livres, mais aussi au fil des rencontres avec le public. Je peux faire un dessin avec telle intention, et le public y voit tout autre chose, c’est vraiment intéressant ! Aussi j’aime le dynamisme et la fraîcheur de cette journée de rencontre dans les écoles ou médiathèques. Toutes ces rencontres ne seraient pas possibles sans le travail de tous ces organismes, associations, bénévoles, passionnés… Et oui, le festival de Doëlan est magique, propice à plein de belles rencontres, avec les bénévoles, le public, c’est aussi là que nous nous sommes rencontrés avec Franck… Je pense aussi à Nathalie qui tient la librairie « Comme dans les livres » à Lorient qui fait que ce salon est aussi une réussite.

Quels sont tes projets pour 2013 ?
Un album sur Django Reinhardt chez Sarbacane, encore un autre voyage !

Merci à vous deux.

Vous pouvez découvrir des images de cet album sur ce blog, sur notre page facebook. Pour l’acquérir, rendez-vous chez votre libraire préféré, sur un site de vente en ligne (Fnac, Amazon, Chapitre, etc) ou encore via notre site Internet.
Informations techniques :
ISBN: 9782914686495 – Largeur : 29 cm Hauteur : 27 cm- Prix ttc : 16 euros – Parution : 15 Octobre 2012

Deux nouveaux albums des « Smalls » sortiront à l’automne : « Le cheval de Chloé » et « Antoine à l’hôpital ».
Mais avant de vous en dire plus, voici un petit rappel de l’esprit de cette série par leurs auteurs Benjamin Samson et François Delecour

«Inventer des histoires de Smalls, c’est une plongée dans l’enfance, une source de rire et de bonne humeur. Nous avons donc eu envie de les partager ! Les Smalls sont attachants, drôles avec des failles, des doutes, des rêves. Enfants du 21ème siècle, ils s’expriment sur tous les sujets de la vie avec une grande liberté (c’est aussi pour cela que nous les aimons!). Chaque récit est personnel (et le Small a souvent un caractère bien trempé !) donc l’univers qui l’illustre lui est propre, lui ressemble. Les Smalls s’entourent d’amis étonnants, comme des personnages animaliers. Mais n’est-ce pas le propre de l’enfance que de s’

inventer des amis imaginaires ?»

Chloé, la petite soeur de Simon (roi du ballon) fête ses 7 ans. Chloé ne rêve que d’une chose : avoir un cheval pour son anniversaire… Ca tombe bien, ses parents aussi y ont pensé… Mais que va bien pouvoir faire un cheval dans un appartement, de surcroît au 9ème étage?

Nous vous en dirons davantage sur Chloé et Antoine d’ici quelque temps avec quelques images supplémentaires et notamment une interview des auteurs… En attendant, il faudra patienter…

Il y a quelques mois, nous vous avons présenté « Le voyage de Petit Nuage », conte de Jean-Marie Robillard illustré par Florent Espana qui sortira début octobre.

Le voyage de Petit Nuage

Voici aujourd’hui quelques images de ce grand album (30cm x 30cm) qui est déjà sélectionné pour la journée du livre à Villepreux (78), le 17 octobre. Bon voyage…

Le voyage de Petit Nuage

Le voyage de Petit Nuage

Le voyage de Petit Nuage

Voici les premières images de « Céleste, une étoile dans la nuit », dont la sortie est prévue pour le 15 octobre. Après « Marguerite », publié en 2007, voici le nouvel album de Gaëlle Callac et Marie Desbons.

Résumé : Céleste, une jeune allumette ne rêve que d’une chose : briller. Un jour, elle sort enfin de sa boîte… L’avenir lui réserve bien des surprises et sa route n’en sera pas moins lumineuse…

En hommage au célèbre conte d’Andersen « La Petite Fille aux allumettes », « Céleste, une étoile dans la nuit » retrace la vie de la dernière allumette qui illumina la vie de la fillette.

Rencontre avec Marie Desbons

Marie Desbons est née à Blois en 1981. Après des études d’arts appliqués, elle a d’abord travaillé comme graphiste dans une agence de publicité. En 2007, elle décide de s’installer à son compte afin d’exercer le métier d’illustratrice. Avec des bouts de papiers et de tissus, des pinceaux, des crayons, des ciseaux elle aime « faire sa petite cuisine et imaginer des illustrations colorées et poétiques ». Aujourd’hui elle vit à Brest et travaille pour diverses maisons d’éditions.

Comment le goût de l’illustration t’est-il venu ?

« J’ai toujours été attirée par le dessin, la couleur et la matière, je crois que c’est une passion que j’ai depuis toute petite. C’est lors de mes études d’Arts Appliqués que j’ai découvert l’illustration. L’illustrateur, Laurent Audouin, qui était mon prof à l’époque, nous avait fait réaliser un album illustré d’après un texte qu’il avait choisi. J’avais adoré cet exercice. Il me semble que c’est à ce moment que j’ai envisagé d’en faire mon métier. Le premier album que j’ai illustré est « Marguerite », aux éditions Le buveur d’encre, en 2007 peu de temps après mettre mise à mon compte. Puis sont sortis « Parlotte » en 2008, et « La Mémoire Envolée » début 2009. Et il y en aura d’autres…

Comment décrirais-tu ton style ? Comment choisis-tu les histoires que tu illustres ?

« Je caractériserais mon style par « poétique », onirique. J’aime avant tout travailler les ambiances colorées, puis ajouter des motifs que je récolte un peu partout et que je collectionne. J’aime qu’il y ait beaucoup de petits détails dans mes images et que l’on ne repère pas tout au premier coup d’œil. Je n’ai pas d’idées préconçues sur les textes que je souhaite illustrer ou non. Il faut qu’ils me plaisent, qu’ils m’inspirent aussi. J’aime qu’ils mènent à une réflexion et à la discussion avec l’enfant. »

Qu’est ce qui t’as motivé pour réaliser « Céleste, une étoile dans la nuit » ?

« Au départ, j’ai un peu appréhendé d’illustrer tout un album ayant pour personnage principal une allumette. Et puis assez vite les premières images sont arrivées dans ma tête car le texte est assez imagé. J’ai aussi trouvé une astuce pour rendre ces allumettes humaines et mignonnes, en les habillant d’une petite capuche rouge. L’originalité et le message du texte m’ont aussi plus. »

T’es-tu inspirée des contes existants de « La Petite Fille aux allumettes »

« Non pas vraiment, je l’ai relu bien sûr mais je n’ai pas vraiment cherché à savoir comment il avait déjà été illustré. J’ai plutôt fait des recherches sur les vieilles boîtes d’allumettes, avec les illustrations et les typographies anciennes. »

Quelle tonalité as-tu souhaité offrir à cet album ?

« C’est une histoire qui se passe à Noël. Je ne voulais pas utiliser tout les codes couleur habituellement employés pour évoquer cette période (le rouge, le vert, le bleu…). J’ai donc travaillé avec des tons prunes, rose, rouge marron pour que tout l’album soit en harmonie avec la couleur des allumettes. Par ailleurs, j’ai voulu retranscrire le côté « rétro » et « usé » des vieilles boîtes d’allumettes. »

Quels sont tes projets ?

« Je souhaite continuer à faire évoluer mon dessin et ma technique à travers des textes toujours différents. Pourquoi pas aussi, comme Céleste, réaliser d’autres « livre-objet ». »

« Tout allait bien… » le livre de Franck Prévot ressort début juin. « Enfin! » souffleront certains libraires et inconditionnels qui l’attendent impatiemment. 

Depuis sa sortie, en 2003, ce premier livre de Franck Prévot, rencontre, en effet, un franc succès aussi bien auprès d’un large public qu’auprès du corps enseignant. Pour sa « renaissance », nous avons souhaité lui apporter une touche plus fantaisiste, l’ouvrage étant parfois jugé par certains comme « un peu austère ». Aussi, sans le dénaturer, nous avons opté pour une couverture plus colorée avec des boutons plus actuels. Les pages intérieur ont été reproduites à l’identique : nous avons procédé à une nouvelle prise de vue avec de nouveaux boutons « héros ». Nous avons apporté également quelques améliorations…

En ce qui concerne sa fabrication, nous avons privilégié un papier certifié aux normes « FSC » ; normes qui préservent les forêts ; et avons opté pour des encres végétales. En savoir + : http://www.fsc-france.org/

L’auteur :

Né en 1968 à Bourg en Bresse, Franck Prévot s’en est quelque peu éloigné, voyageant longtemps en Afrique et en Asie où il a appris « qu’il existait bien des manières de questionner le monde ». De retour en France, il est devenu instituteur et s’est installé à Valence (Drôme). Depuis il a publié une dizaine de livres pour enfants (aux éditions Thierry Magnier, L’édune, Le Rouergue, etc), « que les grands apprécient également ! ». Quant à « Tout allait bien… », il l’a écrit « pour faire parler les bavards et les autres aussi ». 

Depuis de nombreuses années, Franck Prévot intervient en milieu scolaire, dans les médiathèques et dans de nombreux salons, ce de manière régulière et dans toute la France.

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